21 décembre 2006 - 11 h 34 - Jean-François PATURAUD
De nouveau écarté du groupe pour le déplacement à Paris, Christian Labit ne cache pas sa colère envers ses entraîneurs. Le capitaine narbonnais, qui n’a plus joué depuis le 3 décembre, réclame des explications.
Christian Labit, vous avez été de nouveau écarté du groupe qui se déplace à Paris ce week-end. Comment vivez-vous cela ?
Je suis revenu pour que Narbonne aille le mieux possible mais on ne me fait pas jouer et on ne m’explique pas trop pourquoi. Je ne suis pas Tana Umaga, je ne suis pas revenu pour jouer dix matchs et prendre de l’argent. Je suis revenu pour jouer et apporter mon expérience pour que ce club reste en première division le plus longtemps possible.
Quel est le fond du problème ?
Je ne joue pas de matchs à l’extérieur si ce n’est celui à Toulouse parce que je l’avais demandé. J’ai vécu avec des entraîneurs tels que Guy Novès. Je ne me suis pas toujours entendu avec lui mais il me disait simplement les choses en face. On sait alors à quoi s’en tenir et on peut avancer. Le club est en danger et il faut faire attention. La communication est la base de tout.
Vous regrettez surtout ce manque d’explications…
Oui, le manque de communication et les façons de faire par rapport aux joueurs. Je ne prêche pas forcément pour ma paroisse mais aussi pour ceux qui pourraient être à ma place sans pouvoir s’exprimer. Certains garçons sont affectés par ce genre de situations et eux ne disent rien. Personnellement, je peux me permettre de faire savoir les choses.
« Je suis en colère »
Avez-vous senti à un moment précis que le climat se détériorait ?
Contrairement à ce que l’on a fait croire, il n’y a eu aucun deal entre les entraîneurs et moi qui stipulait que je ne joue que les matchs à la maison. J’ai senti à Brive, qui était un math important, qu’il n’était pas essentiel de me faire jouer. J’ai commencé à sentir un malaise et à tirer la sonnette d’alarme. Je trouvais que nous ne faisions pas des choses qui nous apportaient beaucoup à l’entraînement. J’enfonce le clou aujourd’hui.
Les entraîneurs n’emploieraient donc pas les bonnes méthodes…
Des choses ont changé par rapport à l’année dernière. J’aime ce club et j’ai envie qu’il se maintienne. Si le passé avait donné raison aux entraîneurs, cela aurait été différent. Mais ce n’est pas le cas. Nous sommes meilleurs que la saison dernière en terme d’effectif mais nous avons des résultats moins bons. Il faut se poser les vraies questions. Nous avons une équipe capable de faire de belles choses et on ne le fait pas. Méfions nous car il reste dix matchs. Nous serons rapidement fixés sur notre avenir.
En voulez-vous à Pierre Chadebech et Régis Sonnes ?
Oui, j’en veux aux entraîneurs de ne pas me faire jouer et de ne pas me faire réellement comprendre tout cela. J’estime que je ne suis pas mauvais lorsque je joue, sinon je ne disputerais d’ailleurs pas les matchs importants à la maison. Je suis en colère. Même si je gène, je m’explique médiatiquement et peut-être que cela peut faire bouger les choses.
« Gilles Bourguignon m’a compris »
Qu’attendez-vous d’eux ?
Rien, ma carrière est derrière moi. Même si ça se passe mal avec les entraîneurs jusqu’à la fin de la saison, ce n’est pas grave. Je ne gagnerais rien mais eux non plus. Ce dont je suis certain, c’est que tout va bien avec les joueurs. C’est eux qui ont demandé que je sois capitaine. Il faut prendre ses responsabilités et les entraîneurs doivent faire en sorte que cela se passe mieux, au moins dans la gestion humaine du groupe. Nous avons besoin de convivialité et d’amour à Narbonne, pas de professionnalisme.
Comment imaginez-vous votre avenir ?
Je ne pense pas à ça. Ce groupe de joueurs est vraiment formidable avec une volonté permanente d’avancer, même dans les moments difficiles. Il faut se dire que le club peut avoir des jours meilleurs mais cela ne dépend pas que des joueurs mais aussi des dirigeants.
Quel est le discours de vos dirigeants ?
Etant donné que le président Gilbert Ysern est à Paris, j’ai eu rendez-vous mercredi avec Gilles Bourguignon. C’est un ami avec qui j’ai joué. Nous avons eu une grande discussion et ça s’est très bien passé. Il est conscient de ce que je dis et il sait que je fais les choses pour le club et pas pour moi. Il m’a compris, je l’ai senti vraiment concerné. Gilles mérite de savoir les choses, j’aurais aimé le faire avec Gilbert mais il fallait que je le fasse tout de suite.
source : lesiterugby.com"Je ne suis pas Tana Umaga"
