Après la "colère" passée, Rudolph est résigné
Interview sur le site officiel de
L'U.S.Dax Rugby Landes"
Rudolph, vous ne ferez plus partie de l'effectif l'an prochain, comment a été prise cette décision?La décision de terminer mon aventure avec Dax a été prise en collaboration avec Thomas Lièvremont, le nouvel entraîneur. Je ne vais pas mentir, il est vrai que j'aurais aimé faire une saison supplémentaire avec le club, mais Thomas m'a expliqué que je n'entrais pas directement dans son schéma prévu la saison prochaine.
C'est un peu dur a accepter mais je comprends sa décision. Il veut porter un projet ambitieux et partir sur une nouvelle dynamique. On ne peut pas vraiment dire que je représente l'avenir de Dax, il faut savoir s'arrêter au bon moment.
Quel bilan tirez-vous de toutes ces années passées à Dax?Après 18 ans passés au club, il est difficile de retenir un moment particulier. Mais quand je regarde derrière moi, je ne vois que du positif. J'ai eu la chance de cotoyer des grands joueurs, comme Laurent Rodriguez, qui m'ont aidé à grandir puis j'ai pris le relais pour accompagner les plus jeunes.
Je garde plus particulièrement en mémoire les deux dernières demi-finales du club dans l'élite et bien sur notre remontée en Top 14 l'an dernier.
Comment pouvez-vous expliquer cet attachement extraordinaire au club?Je n'appréhende pas tout à fait le rugby comme la nouvelle génération, pour moi la question de quitter Dax ne s'est jamais vraiment posée. Il y a quelques années, les joueurs ne bougeaient pas aussi facilement et puis, il faut croire que je n'étais pas trop mal ici...J'ai tissé avec les entraîneurs successifs et le public dacquois une vraie relation de confiance, il était normal que je leur rende sur le terrain. J'en profite pour remercier toutes les personnes et le public qui m'ont toujours supporté.
Vous avez vécu la grande mutation du rugby de l'amateurisme au professionnalisme. Avec le recul, les choses ont-elles vraiment changées?Pour moi, le seul changement concerne la préparation. Amateur ou professionnel, un match de rugby reste un match, c'est tout. Quand je rentre sur le terrain, il n'y a qu'une chose qui compte, tout donner pour gagner. Le reste c'est du superflu.
Mais je dois reconnaître que les choses bougent; les jeunes qui arrivent n'ont connu que le professionnalisme et les mentalités évoluent. Ils peuvent se sentir bien dans un club mais l'amour du maillot n'existe plus. Les choses sont ainsi, mais je ne suis pas nostalgique.
Indiscrétions...Le secret de ma longévité c'est l'envie et le sérieux. J'ai su garder une fraicheur mentale et me préserver physiquement pour jouer près de 20 ans au plus haut niveau.
Quand j'étais sélectionnable en équipe de France, le poste de deuxième ligne était vérouillé et les entraîneurs n'avaient pas la même politique de rotation. Mais je n'ai pas de regrets.
Si j'ai un conseil à donner aux plus jeunes c'est de jouer pour le plaisir. Le rugby n'est pas une finalité en soi mais seulement une étape et ils doivent penser à assurer leur reconversion. Aujourd'hui les centres de formation remplissent pleinement cette fonction.
Je me suis préparé mentalement à jouer une saison de plus. je vais toujours au bout des choses, alors je serai sur un terrain l'an prochain, quelque soit le niveau."